19 avril 2001

Sommet des Amériques #3: Divers extrait du site web du Centre des médias alternatifs du Québec + ACTIONS FEMMES À QUÉBEC + Documentation générale disponible sur le site du 2e Sommet des Peuples des Amériques + Intégration hémisphérique et démocratie dans les Amériques + Les écoles Steiner-Waldorf menacées en France (Pétition)

Bonjour à tous et toutes

Voici une dernière compilation pré-Sommet que je viens de préparer à votre intention.

N'hésitez pas à faire circuler librement.

Si vous demeurez au Québec, vous aurez sans doute remarqué la profusion de reportages intéressants et souvent fort instructifs diffusés par différents médias québécois - dont l'émission radio Indicatif Présent, le Réseau RDI et le Devoir. La liberté de presse dont jouit encore dans une large mesure le Québec est rafraîchissante à constater. On ne peut en dire autant des médias d'ailleurs , surtout les médias de désinformation américains complètement contrôlés, où la couverture des véritables enjeux de ce sommet est quasi complètement absente.

Certaines entrevues radiophoniques entendues récemment, dont celle avec Dorval Brunelle, ont d'ailleurs guidé ma recherche de points de vue différents et plus approfondis. Voir ci-dessous le document préparation «Intégration hémisphérique et démocratie dans les Amériques» qu'il a écrit. Excellent!

Pour ma part, je compte bien sûr être à Québec pour afficher avec des dizaines de milliers d'autres manifestants pacifistes mon opposition à ce qui se tramera en coulisses lors de ce Sommet des Amériques. Je vous en ferai rapport la semaine prochaine.

En toute liberté ;-)

Jean Hudon
Coordonnateur du Réseau Arc-en-ciel de la Terre
http://www.cybernaute.com/earthconcert2000

P.S. J'ai ajouté aussi une importante pétition à la fin pour celles et ceux vivant en France - voir Les écoles Steiner-Waldorf menacées en France (Pétition) - Date limite pour la retourner: 25 avril!




1.

UNE RÉRÉRENCE INCONTOURNABLE - SITE DU CMAQ

Visiter le site Web du Centre des médias alternatifs du Québec au http://www.cmaq.net/index.ch2?language=french pour en savoir beaucoup plus sur ce que pensent et préparent les opposants au Sommet des Amériques (Aussi, écouter la Radio des Amériques en ligne sur ce site du CMAQ.)

Entre autres on y retrouve:

UN AVANT-GOUT DE LA PROPAGANDE OFFICIELLE

Le CMAQ dévoile en primeur la Déclaration de Québec du Sommet des Amériques (2001-04-18)

Déclaration de Québec

1. Nous, les Chefs d'état et de gouvernement démocratiquement élus des Amériques, nous sommes rencontrés dans la ville de Québec pour le Troisième Sommet, afin de renouveler notre engagement à l'intégration continentale et notre responsabilité collective dans l'amélioration du bien-être économique et de la sécurité de nos peuples. Nous avons adopté un Plan d'action pour renforcer la démocratie représentative, promouvoir la bonne gouvernance et protéger les droits humains et les libertés fondamentales. Nous cherchons à créer une plus grande prospérité et élargir les opportunités économiques tout en encourageant la justice sociale et la réalisation du potentiel humain. CLIP

VOIR LE RESTE AU : http://www.cmaq.net/viewarticle.ch2?articleid=1080&language=french

Ha! Si toutes ces belles promesses pouvaient être autre chose qu'un bel écran de fumée rose

VOIR LA DURE RÉALITÉ DU "DEAL" PRO-MULTINATIONALES QUI A ÉTÉ NÉGOCIÉ ET QUI RISQUE FORT DE NOUS ETRE IMPOSÉ EN CATIMINI...

FTAA – NEGOTIATING GROUP ON INVESTMENT
REPORT OF THE NEGOTIATING GROUP ON INVESTMENT TO THE TRADE NEGOTIATIONS COMMITTEE
Disponible en anglais seulement - un document de plus de 50 pages! Selon l'organisme Institute for Agriculture and Trade Policy, ce chapitre « est essentiellement consacré à déterminer si les droits des investisseurs primeront sur les droits des travailleurs, les droits humains et les droits environnementaux. »

DOCUMENT COMPLET AU :
http://www.wtowatch.org/library/admin/uploadedfiles/FTAA__02_Report_on_Investment_Draft_Investment.htm

Également disponible AU: http://www.cmaq.net/viewarticle.ch2?articleid=1062&language=french

De la dictature militaire à la dictature des marchés

Joelle Palmieri 2001-04-18

Le Sommet des Peuples s'est ouvert ce 16 avril dans la ville de Québec, Canada, par le Forum "Femmes et mondialisation". Graziella Rodriguez, du Réseau brésilien de l'Intégration des Peuples, a provoqué une vive émotion en jetant un pont entre la dictature militaire et les accords de la ZLEA (Zone de libre échange des Amériques). Originaire d'Argentine, réfugiée au Brésil depuis 25 ans, elle explique que ces accords datent de la période noire et en sont largement inspirés. Leur totale opacité, le secret entretenu, les portes complètement fermées, les moyens de sécurité démesurés… interdisent toute forme de dialogue avec la société civile. Cet avertissement devrait attirer l'attention de tous les militant-es venu-es construire un autre monde, basé sur l'échange et la discussion, vers l'égalité et la juste répartition des richesses.

Joelle Palmieri - Les Pénelopes - WomenAction

Lien Internet suggéré:
http://www.iiav.nl/european-womenaction-2000/
WomenAction

VOIR AUSSI:

Flicage aux frontières
Le Canada aurait-il fermé ses frontières aux promoteurs d'une zone de libre échange des alternatives? (Texte sur les interrogatoires qu'ont subis des non-Canadiens à l'arrivée aux différents aéroports de la région)
http://www.cmaq.net/viewarticle.ch2?articleid=1063&language=french

La Peur de Manifester
Yves Thibaudeau 2001-04-18
http://www.cmaq.net/viewarticle.ch2?articleid=1054&language=french

Opinion et réflexion d’un résident du quartier St.-Jean Baptiste, hors périmètre.
Sujet : PEUR versus PARTICIPATION au SOMMET

Note de Jean : Très éloquent et touchant! Yves Thibaudeau a aussi écrit
Les MANIPULATEURS "Bravo le pouvoir de l’argent et de la peur!" au
http://www.cmaq.net/viewarticle.ch2?articleid=1053&language=french

Lire aussi cette longue analyse historique "Une démocratie authentique" au
http://www.cmaq.net/viewarticle.ch2?articleid=756&language=french

AUTRES SUJETS DISPONIBLES SUR LE SITE DU CMAQ au http://www.cmaq.net

- La lutte des paysans sans terres du Brésil : parce qu’un autre monde est possible

- "Prévoir l'imprévu", mais il y a des limites
À Québec, les résidents de l'intérieur du périmètre reçoivent leur droit à circuler librement dans la ville, le fameux laisser-passer. Pendant ce temps les citoyens "libres", de l'autre côté de la clôture risque tout de même de subir des contrôles policiers. La sécurité pourrait coûter cher à la liberté.

- SOS humanité : Armand s'en mêle!
Armand Vaillancourt dirige la construction d'un SOS Géant. Son message sera assez grand pour être visible par les délégués du Sommet des Amériques de l'autre côté du fleuve.

- Soirée d'ouverture du Sommet des peuples en vidéo

- Jean-Pierre Charbonneau veut plus de démocratie

- La libéralisation de l’agriculture : quels enjeux pour le Canada

- 87 activistes se sacrifient pour libérer les textes




2.

Date: Sat, 14 Apr 2001
From: Anna Kruzynski <akruzy@po-box.mcgill.ca>
Subject: ACTIONS FEMMES À QUÉBEC!

TISSER LA TOILE DE NOTRE SOLIDARITÉ ACTIONS FÉMINISTES CONTRE LA ZLÉA

LES 19 ET 20 AVRIL A QUÉBEC

Lors du Sommet des Amériques à Québec les femmes du monde entier vont tisser ensemble les toiles de notre solidarité… des toiles représentants nos espoirs pour un monde sans patriarcat, un monde juste… des toiles représentant les conséquences de la mondialisation sur nos vies, ce de quoi on veut se débarrasser.

Deux actions sont organisées dans le cadre de l’action « tisser la toile de notre solidarité » (pour plus d'informations visiter le site web www.toilefemme.net):

Murale femme contre la ZLÉA

Quoi? tisser ensemble les toiles préalablement tissées par chaque groupe d’affinité participant - des toiles qui représentent les conséquences néfastes de la mondialisation sur nos vies - sur le périmètre de sécurité, suivie d’une vigile de solidarité sur place. Quand? le 19 avril en début de soirée Où? Celles voulant participer à la création de la murale doivent participer à la formation qui aura lieu le 19 de 10h à 16h à l'espace femme; pour celles et ceux voulant participer aux activités de soutien le rendez-vous est à 16h à l'espace femme au PATROlaval, 145, rue Bigouette.

« Corde à linge femme » sur la « rue des Alternatives »

Quoi? tisser ensemble les toiles préalablement tissées par chaque groupe d’affinité – des toiles qui représentent nos espoirs, nos alternatives pour un monde sans patriarcat, juste et solidaire – et accrocher le tout sur la corde à linge des femmes sur la rue des Alternatives. Quand? le 20 avril de 10h à 17h Où? dans le Vieux Port de Québec face au Musée de la civilisation.




3.

Documentation générale disponible sur le site du 2e Sommet des Peuples des Amériques
http://www.sommetdespeuples.org/fr/doc/general.html

Deux options pour les Amériques en 2001 : l'Alliance sociale
continentale ou la Zone de libre échange des Amériques.
Par Dorval Brunelle, GRIC-UQAM
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/deux%20options%20ds%20Am%E9riques.pdf

Les mouvements d'opposition à l'intégration par les marchés dans les Amériques : vers la constitution d'une Alliance sociale continentale.
Par Dorval Bruenelle et Christian Deblock, GRIC-UQAM
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/ASC=brux_i01.pdf

La Zone de libre-échange des Amériques et l'Alliance sociale continentale
RQIC, avril 2000
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/la%20ZL%C9A%20et%20l%27ASC.pdf

Vers quel régionalisme économique dans les Amériques ?
Par Dorval Brunelle et Christian Deblock, GRIC-UQAM
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/vers%20quel%20r%E9gionalisme.pdf

La société québécoise et la ZLÉA : Furtivité ou démocratie.
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/RQIC%20M%E9moire%20ao%FBt%202000.doc.pdf

Mémoire de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) portant sur le document de consultation : "Le Québec et la Zone de libre-échange des Amériques : Effets politiques et
socio-économiques"
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/FTQm%E9moireZLEA.rtf.pdf

Les syndicats peuvent-ils survivre au règne absolu des multinationales ?
André Leclerc, FTQ.
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/multinationales%20vs%20syndicat.pdf

Document de référence : la mondialisation de quoi, comment, pour qui ?
RQIC, juin 1999
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/la%20mondialisation%20de%20quoi,%20comment,%20pour%20qui.pdf

Comprendre la mondialisation pour changer le monde.
RQIC et Opération SalAMI, 2000
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/Synthese_mondialisation.pdf

Vers une alliance sociale continentale, Sommet populaire des
Amériques, Recueil des conclusions générales, Santiago du Chili.
RQIC, avril 1998
http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/STGO_RQIC_avril%2098%20copy.pdf





4.

VOICI UN TEXTE FORT BIEN ARTICULÉ ET SÉRIEUX D'UN EXPERT INDÉPENDANT ET FIABLE

De: http://www.ichrdd.ca/111/francais/nouveautes/windsorBrunelleFr.html

Intégration hémisphérique et démocratie dans les Amériques

Symposium de Windsor, 3-5 juin 2000

Document préparatoire - Quelques questions en suspens

Dorval Brunelle, Département de sociologie, Groupe de recherche sur l'intégration continentale -- GRIC -- Université du Québec à Montréal

Intégration économique et démocratie

Depuis le début des années quatre-vingts, on assiste à une évolution parallèle en Amérique latine vers une libéralisation politique doublée d'une libéralisation économique. Le lien entre l'ouverture économique et le projet politique, qui relevait essentiellement de la politique interne des États durant les années de Guerre froide caractérisées par la démultiplication des régimes militaires ou totalitaires un peu partout à l'Est, à l'Ouest et au Sud, émerge désormais comme un enjeu central de l'intégration économique elle-même au sein d'un espace public international fragile et embryonnaire. Depuis la fin de la Guerre froide donc, la libéralisation des échanges et la démocratisation vont de pair, sans doute parce que l'expérience passée nous a montré que l'intégration économique fonctionne d'autant mieux qu'elle est balisée par le respect et la reconnaissance de certains droits. Cependant, il ne faudrait pas imputer aux formes et modalités actuelles de l'intégration économique à grande échelle plus de vertus qu'elles n'en peuvent cultiver. D'abord, l'intégration de type monopolistique prend appui sur une vision passablement réduite de la démocratie et de la démocratisation. Ensuite, cette intégration favorise le respect et la sanction de certains droits, surtout politiques en l'occurrence, tout en affaiblissant d'autres. Toute la question est alors de savoir quelle est la nature et le contenu du projet politique qui favorise l'intégration économique à grande échelle, et sur quel type de démocratie ce projet s'appuie.

La mise en place des grands cadres de l'intégration des marchés, qu'il s'agisse de l'Accord de libre échange nord-américain (ALENA) ou de la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA), est menée par les pouvoirs exécutifs, sans que les parlementaires aient voix au chapitre. Les corps législatifs disposent de fort peu d'informations sur le contenu de ces négociations et encore moins sur les effets que l'une ou l'autre disposition de ces accords est susceptible d'avoir sur leurs prérogatives en tant que législateurs, ou sur leur imputabilité en tant que mandataires de leurs concitoyens. En ce sens, la libéralisation est liée à la promotion d'une démocratie d'exécutifs, au détriment, par exemple, de la promotion d'une démocratisation sociale, voire même d'une démocratisation politique large. Faute d'un accès continu à une information complète, il n'y a pas non plus de débat public, malgré le fait que les domaines en cours de négociations comptent parmi les plus litigieux en matière d'économie politique puisqu'ils affectent les juridictions des législatures. Ces domaines sont, entre autres, la libéralisation des investissements, des services et des achats publics.

Par ailleurs, il va de soi que l'intégration économique en profondeur en cours actuellement, c'est-à-dire cette libéralisation des économies qui s'applique à un nombre toujours plus grand de secteurs et de domaines, affectera de manière différente les pays selon leur niveau de développement. Les pays développés, en particulier, disposent de toute une panoplie d'institutions de base et de mécanismes institutionnels qui leur permettent d'amortir les contrecoups de l'ouverture des marchés. L'approche proposée dans le Plan d'action de Santiago issu du deuxième Sommet, qui consistait à mener l'intégration dans plusieurs domaines à la fois, parmi lesquels on avait retenu la démocratie et les droits de la personne, ainsi que l'intégration économique, mettait de l'avant une stratégie à la fois originale et prometteuse. Néanmoins, force est de constater que les progrès à ce jour sont beaucoup plus apparents en matière de libéralisation des économies qu'en matière de reconnaissance et de sanction des droits fondamentaux. Dans plusieurs pays, en effet, le processus de démocratisation est sérieusement ralenti depuis quelques temps, ce qui n'est pas sans avoir d'effets en retour sur les stratégies d'ouverture des marchés d'une part, sur la légitimité de l'intégration économique avec les partenaires extérieurs d'autre part.

Le projet des Amériques actuellement en cours de négociation prévoit l'approfondissement d'une intégration multiple, et non pas seulement économique, entre les trente-quatre pays du continent dont le chef d'État ou de gouvernement a été élu démocratiquement, une exigence qui permet de justifier l'exclusion de Cuba des discussions. Ce projet, appelé au départ Initiative pour les Amériques, a été dévoilé par le président George Bush en juin 1990 et relancé à l'instigation du président Clinton, qui convoque un premier Sommet des Amériques à Miami en décembre 1994. Ce premier Sommet des chefs d'État et de gouvernement adopte un Plan d'action, qui prévoyait, entre autres objectifs, la mise sur pied d'une Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) d'ici 2005. Par la suite, le Plan a été redéfini et précisé lors du deuxième sommet tenu à Santiago en avril 1998. Dans sa version actuelle, le Plan d'action prévoit étendre l'intégration à une douzaine de domaines regroupés en quatre grands thèmes, appelés «corbeilles», portant respectivement sur la démocratie et les droits de la personne, la pauvreté, le développement durable et, enfin, l'intégration économique. C'est dans cette dernière « corbeille » que figure le projet de ZLEA autour duquel ont été concentrées les négociations des dernières années.

Les négociations se font sur trois paliers, un palier politique lui-même départagé en deux niveaux, celui des chefs d'État et de gouvernement, et celui des ministres responsables du commerce, un palier administratif, celui des sous-ministres du commerce, le véritable maître d'oeuvre des négociations et enfin, le palier des négociateurs et autres experts qui bénéficie également du soutien technique et logistique fourni par trois organisations régionales, à savoir l'Organisation des États américains (OÉA), la Banque interaméricaine de développement (BID) et la Commission économique pour l'Amérique latine et la Caraïbe (CEPALC).

La démocratie en question?

Quels liens peut-on établir entre la question de l'intégration régionale et celle de la démocratie dans les Amériques?

En première analyse, on ne voit pas quelles incidences négatives le Plan d'action pourrait avoir sur la démocratie puisqu'il inscrit toute sa logique dans le prolongement d'un vaste processus de démocratisation, ce que confirme d'ailleurs le contenu de la première corbeille qui porte précisément sur le « renforcement de la démocratie », ainsi que l'exigence formulée lors de la convocation des partenaires à l'effet que les régimes en place doivent avoir été « démocratiquement élus ». Il semble évident que les négociations en cours, parce qu'elles visent essentiellement à renforcer l'État de droit partout dans les Amériques, à conforter le pluripartisme et à instaurer l'ordre de marché, ne peuvent que nous rapprocher d'un idéal démocratique au lieu de nous en éloigner. Et pourtant, en deuxième analyse, les moyens mis en uvre pour atteindre les objectifs visés ne semblent pas favoriser la démocratisation.

Une démocratie d'exécutif?

On évoque de plus en plus dans les Amériques, tout comme en Europe communautaire, l'expression démocratie d'exécutifs pour rendre compte de ce qui apparaît comme une nouvelle configuration des relations entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Ce qui est en jeu ici ne tient pas uniquement aux initiatives qui sont prises par des exécutifs, dont on pourrait toujours prétendre, au strict niveau constitutionnel, qu'elles relèvent de leurs prérogatives et, en ce sens, que ces initiatives doivent être évaluées à partir de leurs résultats. La question tient surtout au fait que les citoyens et les citoyennes sont complètement absents des négociations alors même que les contenus de ces négociations couvrent de plus en plus de sujets qui les touchent directement. D'ailleurs, la distance entre le pouvoir exécutif et le citoyen se creuse d'autant plus que les pouvoirs législatifs sont eux-mêmes marginalisés des débats en cours.

Dans un autre ordre d'idées, il faut aussi mettre en lumière que plusieurs des domaines qui font l'objet des négociations actuellement en cours dans le cadre de la ZLEA ne relèvent pas des prérogatives qui reviennent en propre aux pouvoirs exécutifs centraux qui, pourtant, mènent ces négociations; une réserve qui prend tout son sens quand on rappelle que six des trente-quatre pays des Amériques (le Mexique, les États-Unis, le Canada, le Brésil, l'Argentine et le Vénézuela) sont des fédérations qui opèrent sous l'égide d'un partage plus ou moins exclusif de compétences dans des aires de juridiction déterminées. Qu'en est-il alors des prérogatives des gouvernements et des parlements provinciaux ou étatiques dans ces circonstances?

Quant au processus, il convient de souligner que les négociations en cours sont menées à l'instigation de trois acteurs qui, sans remplir les mêmes rôles et responsabilités, n'en jouissent pas moins d'un statut privilégié en la matière par rapport à tous les autres, parlementaires inclus. Ces acteurs sont, premièrement, les trente-quatre chefs d'État et de gouvernement, leurs experts et fonctionnaires, comme il se doit bien sûr; deuxièmement, le trio d'organisations régionales que sont l'OÉA, la BID et la CEPALC, disposant chacune de mandats clairs et précis confiés par les exécutifs et, troisièmement, une association panaméricaine de gens d'affaires, l'Americas Business Forum (ABF) qui bénéficie d'un statut consultatif officiel et du soutien financier des gouvernements. L'ABF a d'ailleurs su jouer un rôle très actif dans la définition des thèmes et des termes des négociations en cours dépassant de loin le statut consultatif qui lui est dévolu, ainsi qu'en témoignent les publications de l'ABF elle-même (1).

Huis-clos vs. transparence

Les négociations en cours cherchent à favoriser une intégration en profondeur entre trente-quatre partenaires dans des domaines qui relèvent à la fois de la politique, de l'économie, de la culture et de la société. Ces négociations posent problème parce que bien peu de gens sont au courant de ce qui s'y passe. Nous touchons là un des paradoxes de cet après-Guerre froide où nous voyons de plus en plus de thèmes, de domaines et de secteurs, qui relevaient autrefois en propre d'un espace public et qui faisaient l'objet de discussions ouvertes entre des acteurs et autres intervenants sociaux, devenir aujourd'hui l'objet de négociations commerciales engagées sous le sceau du secret (2). Tant qu'il s'agissait de négocier l'abaissement de barrières tarifaires sur des marchandises ou des services financiers, on pouvait toujours tolérer le huis-clos, mais aujourd'hui que les négociations portent sur la nature de la démocratie, l'éducation et la santé, l'investissement et l'avenir de la politique économique nationale, entre autres, le recours au secret doit être remis en cause.

C'est pourquoi certains gouvernements ont mis de l'avant l'idée d'une consultation de la société civile dont le mandat a été confié à l'Organisation des États américains. Or, pour le moment, les choses ne sont pas allées plus loin de telle sorte qu'il est revenu à certains gouvernements, dont celui du Canada, de mettre en place des mécanismes de consultation de la société civile. La question consisterait à savoir maintenant quels ont été les résultats des consultations engagées à ce jour.

Conclusion

Le processus d'intégration hémisphérique dans les Amériques constitue un précédent dans l'expérience des sociétés du continent, tant par son ampleur qu'en ce qui concerne la profondeur des changements qu'il pourrait entraîner. (3) Il comporte sans contredit un potentiel d'ouverture de nouveaux espaces démocratiques. Cependant, le déficit démocratique qui caractérise le processus même de prise de décision concernant l'intégration est tel qu'il est encore difficile de cerner la nature de ces ouvertures potentielles.

La poussée vers l'intégration, avec son insistance sur la tenue d'élections libres et le renforcement de l'État de droit a sans doute donné un nouvel élan à la démocratie dans l'hémispère, ne serait-ce que par la reconnaissaice d'une sorte de seuil minimal vers lequel tous les régimes doivent tendre. Par ailleurs l'intégration hémisphérique, en généralisant les problématiques sociales, économiques et politiques, n'a pas été sans susciter la transnationalisation parallèle des préoccupations de la société civile et la mise en commun des moyens d'action de celle-ci.

Il n'en demeure pas moins que l'intégration hémisphérique suscite d'importantes questions quant à l'avenir de la démocratie. Ces questions se situent à trois niveaux :

- les institutions (le rôle affaibli des législatures, l'absence d'institutions représentatives au niveau supra-national dans les Amériques, le développement d'une « démocratie d'exécutifs »)

- les normes (le manque de transparence dans le déroulement des négotiations; l'absence presque totale de débats publics informés sur l'intégration dans la plupart des pays du continent; l'absence totale d'espace public continental permettant aux citoyens et aux citoyennes des Amériques d'échanger sur les bienfaits et lacunes de ce processus et de faire sentir la pression de leur opinion auprès des institutions hémisphériques)

- les processus (la nature faible, fragmentaire et inégale des modes de consultation des organisations de la société civile; le poids disproportionné des recommandations en provenance de la communauté des affaires par rapport aux autres secteurs de la société civile; l'attitude disqualifiante des décideurs envers les secteurs critiques aux négociations)

Dans ce continent qui se caractérise par sa diversité, il convient de se demander quels seront les impacts des politiques d'intégration au sein de chacun des pays qui font partie de cet ensemble inégal. Si, dans les pays où les institutions formelles de la démocratie sont consolidées depuis longtemps, le rôle des législatures est sérieusement ébranlé, qu'en sera-t-il des pays où ces institutions sont peu développées? Si, dans les pays où il existe un espace public établi de longue date, le débat public et l'accès à l'information et aux moyens de communication sont faibles, que se passera-t-il dans les pays où les droits civils sont encore peu respectés. Dans les pays où la l'État éprouve de la difficulté à livrer des services publics sur l'ensemble du territoire, comment un État réduit pourra-t-il assurer la protection des droits de ses citoyens?

Ces questions - et bien d'autres - sont fondamentales. Si la démocratie est une valeur centrale à la vision d'un nouvel hémisphère, il faut s'attacher à créer les conditions de son plein épanouissement dans le processus d'intégration ainsi que dans ses résultats.

Références - CLIP - Voir ces références au http://www.ichrdd.ca/111/francais/nouveautes/windsorBrunelleFr.html

Notes

1. Americas Business Forum (ABF) tient ses rencontres en même temps que celles des ministres et celles chefs d'État et de gouvernement depuis la réunion ministérielle de Denver en 1995. À cette occasion, «les discussions s'articulaient autour des secteurs économiques énoncés dans la déclaration de Miami sur l'amélioration de la coopération économique, soit les télécommunications, l'énergie et les transports ». Ensuite, à partir de la réunion de Carthagène en 1996, les travaux du Forum furent liés de près à ceux des Réunions ministérielles. Ainsi, à Belo Horizonte, «plus de 200 recommandations ont été formulées et présentées aux ministres du commerce », tandis qu'au Forum de San José, «les discussions ont porté sur les 221 mémoires présentés par diverses organisations du secteur privé de 17 pays et groupes régionaux tels CARICOM, le MERCOSUR et le Marché commun d'Amérique centrale (...) et les participants ont établi quelque 210 recommandations ». L'effet utile de ces rencontres mérite d'être souligné car «plusieurs des recommandations proposées par les participants au Forum de San José se reflètent dans le mandat des équipes de négociations de la ZLEA et dans le Plan d'action issu du Sommet des Amériques de 1998 ». D'ailleurs, au delà de ces entrecroisements stratégiques entre milieux politiques et milieux des affaires, il faudrait également faire état du soutien financier réciproque qui a conduit les gouvernements à subventionner la tenue des Forum des gens d'affaires, tout comme des entreprises contribuent au financement des rencontres officielles (cf. Programme final, Rassembler les Amériques, ABF Canada, Toronto, 1er au 3 novembre 1999).

2. Le sénateur Moynihan revèle que, ces dernières années aux États-Unis, on a assisté à une augmentation de 62% du nombre de documents officiels dont la divulgation constituerait une menace pour la sécurité publique, avec le résultat que le nombre de documents secrets est considérablement plus élevé aujourd'hui qu'il l'était durant la Guerre froide.

3. Ce qui s'ajoute au mécanisme établi dans le cadre du processus de négociation de la ZLÉA qui s'avère fort insatisfaisant n'étant, en fait, qu'une boîte aux lettres électronique.

VOIR AUSSI le site du Groupe de recherche sur l'intégration continentale dont fait partie Dorval Brunelle au http://www.unites.uqam.ca/gric/




5.

From: "Michel Parra" <yogaman@oreka.com>
Subject: Défense des écoles Steiner
Date: Mon, 16 Apr 2001

Bonjour,

Vous n'êtes peut-être pas sans savoir que les écoles Steiner sont attaquées en France actuellement.
On prend comme prétexte la couverture vaccinale, entre autres, pour les menacer de fermeture. La pensée unique dominante dans notre société les accuse, en tant que partie de la "nébuleuse antroposophique", de dérive sectaire, alors qu'un jugement en diffamation à été rendu en leur faveur et que leur but est simplement d'offrir une éducation globale.
Il semblerait que M Vivien en fasse une affaire personnelle....

SVP, signez la pétition ci-jointe, faites la circuler parmi vos connaissances, par votre carnet d'adresses électronique et dans votre famille et renvoyez-les avant le 25 avril à la fédération des écoles Steiner dont l'adresse est notée dans le document.
Merci de tout coeur de consacrer quelques instants à la défense de nos libertés individuelles

Amicalement

Michel Parra

---

Monsieur Jack Lang
Ministre de l’Éducation nationale
110,rue de Grenelle
75357 Paris 07 SP

Les écoles Steiner-Waldorf menacées !

1919 Création à Stuttgart (Allemagne) de la première école Steiner-Waldorf.
1936-1941 Fermeture en Allemagne de toutes les écoles Steiner-Waldorf par le Parti National Socialiste. Elles ne seront ouvertes à nouveau qu’en 1945.
1962 Ouverture en Afrique du Sud de la première école anti-apartheid : c’est une école Steiner-Waldorf.
1980 En France, signature des premiers contrats d’association avec le ministère de l’Éducation nationale.
2001 Plus de 2 000 établissements Steiner-Waldorf sont ouverts dans le monde et accueillent quelque 150 000 élèves.
Aujourd’hui Les 18 écoles Steiner-Waldorf en France sont menacées.

Monsieur le Ministre,

Aujourd’hui, les écoles Steiner-Waldorf sont en danger. Elles sont victimes de rumeurs, elles subissent des tracasseries administratives, elles font l’objet de mesures d’exception.
Depuis deux ans, les écoles Steiner-Waldorf ont été la cible d’accusations insupportables. Même si devant la justice par jugement en date du 22 mars 2000 et dans votre ministère, ces rumeurs ont été reconnues sans fondement, les insinuations demeurent.

Monsieur le Ministre, il vous appartient de mettre un terme à ces attaques.
Depuis dix-huit mois, les dix-huit écoles Steiner-Waldorf ont reçu la visite de quelque 170 inspecteurs qui ont consacré 1300 heures (pour moins de 2 500 élèves !) à des contrôles acharnés, tatillons, souvent opérés sans prise en compte des spécificités et de l’originalité de la pédagogie Waldorf.

Vous avez manifesté à plusieurs reprises, Monsieur le Ministre, votre volonté de développer toutes les formes d’innovation pédagogique. N’est-ce pas contradictoire ?

Au cours des derniers mois, pour satisfaire à la réglementation en vigueur en France, les écoles Steiner-Waldorf ont consacré un effort important pour rappeler aux parents d’élèves les obligations légales. Des progrès significatifs ont été enregistrés.

Actuellement, notre taux de couverture vaccinale est sensiblement égal à la moyenne nationale des établissements. Toutes les écoles de France, publiques comme privées, ont des enfants non vaccinés. Il n’y a plus matière à justifier, dans nos seules écoles, la poursuite de contrôles draconiens.

Monsieur le Ministre, ne serait-il pas opportun d’engager une réflexion sereine sur ce sujet ?

Depuis plus de 80 ans la pédagogie Steiner-Waldorf propose à l’élève un enseignement diversifié autour des disciplines scientifiques, artistiques et manuelles pour un développement équilibré et harmonieux de sa personnalité. Les écoles s’adressent à tous les élèves, sans distinction de culture, de confession et de race, depuis la maternelle jusqu’au lycée. Les écoles Steiner-Waldorf sont des écoles libres qui forment les élèves dans le respect de leur personnalité, en privilégiant leur intégration sociale et leur ouverture sur le monde.

Nous en appelons à vous pour faire respecter le droit au pluralisme scolaire et l’accès à une pédagogie innovante en laissant les écoles Steiner-Waldorf poursuivre leur mission.

Fédération des Ecoles Steiner-Waldorf 13,rue Gassendi 75014 Paris

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