6 avril 2001

Sommet des Amériques #2: La Marche des peuples des Amériques + Manifeste contre le Sommet des Amériques et la ZLEA - extrait du site Web de ATTAC-Québec + Les profits contre la démocratie et le Manifeste de l'eau - extrait du site Web du Sommet des peuples + Riccardo Petrella: Apôtre de l'anti-mondialisation + Extraits du site Web de ATTAC-France + Portrait de la mouvance au Québec


Bonjour à tous

Une autre "bordée" d'informations pertinentes au Sommet des Amériques et aux conséquences trop souvent néfastes de la mondialisation.

Jean Hudon
Coordonnateur du Réseau Arc-en-ciel de la Terre
http://www.cybernaute.com/earthconcert2000

P.S. À souligner aussi l'excellent dossier «Doit-on craindre la ZLEA?» -- «Un continent, un marché» et «Les nouveaux militants» dans le magazine québécois Actualité présentement en kiosque, décrivant fort bien les 2 côtés de la médaille. Lire ces articles au http://www.lactualite.com




Date: Thu, 05 Apr 2001
From: sommetdespeuples <info@sommetdespeuples.org>

La Marche des peuples des Amériques

Dans le cadre des activités du Sommet des peuples des Amériques de l'Alliance sociale continentale

Organisé par le RQIC et Common Frontiers et en concertation avec d'autres coalitions comme la Table de convergence

Thème retenu par RQIC et Common frontiers : Bâtir ensemble des Amériques solidaires. D'autres organisations et coalitions défileront sous d'autres thèmes. La Marche des peuples des Amériques se veut un geste de protestation unitaire.

Des milliers de personnes sont attendues de toutes les régions du Québec et du Canada. Un grand nombre de manifestants est aussi attendu des Etats-Unis. Enfin des délégations de l'ensemble des pays des amériques participant au Sommet des peuples joindront les rangs de la Marche.

Tous les secteurs de la société civile seront présents : mouvement syndical, organisations féministes, écologistes, étudiantes, organisations communautaires, de solidarité internationale, mouvement des droits de la personne, groupes opposés à la mondialisation néo-libérale, associations ethno-culturelles, coalitions régionales, organisations religieuses, etc

Les comités organisateurs se sont entendus sur un certain nombre de paramètres de base : il s'agit d'une marche de protestation pacifique. D'ailleurs le tracé de la marche a été conçu afin d'éviter toute provocation ou affrontement. C'est pourquoi il est demandé de façon expresse aux manifestants de respecter le trajet indiqué par le service d'ordre. Ce qui permettra de gérer de façon sécuritaire cet événement.

Pour voir la carte du trajet : http://www.sommetdespeuples.org/fr/pdf/carte_marche.pdf

Le trajet empruntera les rues suivantes : départ sur Abraham-Martin puis nous tournons sur Saint-Paul qui change de nom et devient Charest ; nous poursuivons sur Charest jusqu'à la rue de la Couronne où nous bifurquons à droite sur la Couronne pour se rendre au stationnement du Stade municipal au Parc Victoria. Soit un parcours d'environ 2.5 kilomètres au total. Il y aura animation de toutes sortes au long du parcours. Nous emprunterons les rues sur leur pleine largeur et ces artères seront à l'usage exclusif des manifestants et des autobus utilisées par ces derniers.

- Les marcheurs et marcheuses atteindront le lieu de ralliement de la fin de la Marche, soit le stationnement du stade municipal au Parc Victoria, vers 15H00. Cet emplacement peut accueillir plus de 20,000 personnes. Il s'agit d'un endroit asphalté où nous pourrons garder nos pieds au sec.

- Animation musicale et discours pendant environ 60 minutes ; des représentant-es de différentes organisations membres de l'Alliance sociale continentale prendront la parole ainsi que des orateurs issus de la Table de Convergence

- Démantèlement de la Marche vers 16H15

Autres détails disponibles au <info@sommetdespeuples.org>




De : http://attac.org/quebec/zlea/index.htm

Association pour la Taxation des Transactions Financières pour l'Aide aux Citoyens (ATTAC)

Accueil / Accord de Libre Échange Nord-Américain (ALENA) et Zone de Libre Échange des Amériques (ZLEA)

MANIFESTE CONTRE LE SOMMET DES AMÉRIQUES ET LA ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE DES AMÉRIQUES

Considérant

que la mondialisation néolibérale des marchés n’est pas un phénomène naturel désincarné auquel les peuples et les états doivent se soumettre avec fatalisme;

Considérant

que cette mondialisation, au contraire, résulte de politiques bien conscientes mises en œuvre par les élites financières et politiques, notamment sous la forme d’accords de libre-échange;

Considérant

que depuis dix ans, le libre-échange a fait la preuve incontestable qu’il ne profite qu’aux plus nantis de nos sociétés et qu’il contribue puissamment à l’appauvrissement général et à la précarisation du travail;

Considérant

que les accords de libre-échange ne sont rien d’autre que des chartes des droits et libertés des grandes entreprises transnationales, et qu’en plaçant ainsi ces entreprises au-dessus des lois que se donnent les peuples et les états, les accords de libre-échange instaurent une logique de nivellement par le bas des normes du travail et des protections environnementales;

Considérant

que cette situation place les grandes entreprises transnationales en position d’exercer un chantage sur les peuples et les états en les menaçant de déménager leurs installations productives vers des lieux où la main-d’œuvre est à moindre coût et les règles environnementales plus permissives;

Considérant

que le libre-échange détruit les économies des pays du Sud en invitant les entreprises du Nord à s’y installer massivement pour y exploiter, à moindres coûts, la main-d’œuvre et les richesses naturelles, et que cette situation empêche l’émergence et le développement d’industries locales;

Considérant

que le libre-échange, par sa doctrine de privatisation des services publics, signifie inexorablement la fin de l’universalité des services sociaux tels la santé et l’éducation;

Considérant

que l’appauvrissement, la précarité, et la détérioration des services publics résultant des accords de libre-échange touchent les femmes d'une manière encore plus marquée et accroissent les pressions faites sur elles, et que cette situation, loin d'être accidentelle, repose sur une conception inégalitaire des rapports hommes-femmes;

Nous, citoyenNEs des Amériques

Nous accusons

les gouvernements des trente-quatre pays réunis dans le cadre du Sommet des Amériques de pratiques antidémocratiques, car les négociations qu’ils ont engagées en vue de la création de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), qui sont du plus grand intérêt public, sont tenues dans le secret le plus strict, les citoyenNEs n’étant nullement consultéEs;

Nous accusons

ces mêmes gouvernements du crime de lèse-citoyenneté, car ils anéantissent la condition de citoyenNE en abdiquant la souveraineté des états aux mains d’instances non-électives telles les différents organismes de règlement de conflits commerciaux (Organisation Mondiale du Commerce, Tribunal de l’ALÉNA, futur Tribunal de la ZLÉA);

Nous accusons

ces mêmes gouvernements de trahison envers leurs citoyenNEs, car en créant la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), ils détournent la richesse collective des peuples pour la mettre à la disposition des grandes entreprises transnationales;

Nous accusons

ces mêmes gouvernements d’attentat contre l’amitié et la fraternité entre les peuples, car en instaurant la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), ils exacerbent sciemment une situation de concurrence malsaine entre les travailleurEUSEs des différents pays plutôt que de contribuer à créer un climat de solidarité;

Nous accusons

ces mêmes gouvernements d’entrave à l’égalité des sexes, car le démantèlement des services publics et les déréglementations du travail inhérentes à la mise en place des accords de libre-échange se font au prix d'une exploitation systématique et consciente des femmes : ces gouvernements réclament en effet qu'elles pallient bénévolement la déresponsabilisation des états en matière de services sociaux et de santé (aidantes naturelles, soignantes à domicile etc.), et maintiennent l'iniquité des salaires et des conditions de travail au nom d'impératifs commerciaux;

Nous accusons

ces mêmes gouvernements d’attentat contre l’environnement, car en créant la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), non seulement prennent-ils position en faveur d’un modèle de développement ayant déjà tant de désastres environnementaux à son actif, mais ils font la promotion du laisser-aller total en cette matière.

En conséquence, nous jugeons les accusés inaptes à conduire des négociations engageant les peuples des Amériques sur la voie d’un accord créant la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA).

Les trente-quatre gouvernements réunis dans le cadre du Sommet des Amériques sont donc sommés de cesser immédiatement toute discussion à cet effet, et ce, tant et aussi longtemps qu’un réel débat démocratique sur la base d'un bilan des dix dernières années de libre-échange ne sera pas tenu.

PLACE AUX PEUPLES ! MONDIALISONS NOTRE SOLIDARITÉ !

2000 ATTAC-Québec

POUR EN SAVOIR BEAUCOUP PLUS:

Le site de ATTAC Québec (Association pour la Taxation des Transactions Financières pour l'Aide aux Citoyens) Point de départ incontournable pour tout savoir sur les mouvements d'oposition à la ZLEA au:

http://attac.org/quebec/index.html




Cet autre site donne tous les renseignements sur le sommet parallèle des peuples et BEAUCOUP PLUS! http://www.sommetdespeuples.org/fr/

Extrait de : http://www.sommetdespeuples.org/fr/nouvelles/index.html/a>

Les profits contre la démocratie

Le peuple canadien paye le prix de la privatisation « Notre rapport montre que la privatisation n’a rien à voir avec les économies ni avec l’efficience, de déclarer Judy Darcy. C’est la toute dernière forme d’aide sociale pour les entreprises, un revenu annuel garanti pour les actionnaires au détriment des Canadiennes et des Canadiens. » Rapport annuel 2001 du SCFP sur la privatisation

L'EAU SERA UN IMPORTANT ENJEU AU SOMMET DES AMÉRIQUES

Pour en savoir plus télécharger le Manifeste de l'eau au
http://attac.org/quebec/comprendre/ManifesteEau.pdf

http://scfp.ca/dossiers/privatisation/rap/
À Noter: Ce site ci-dessus est DES PLUS INSTRUCTIFS

Faits saillants du rapport

Alors que les factures pour les services bradés arrivent à échéance, les Canadiennes et Canadiens commencent à être à court. Pas seulement dans leur portefeuille – bien que la privatisation coûte presque toujours plus cher aux contribuables. Comme le démontre ce rapport, les Canadiennes et Canadiens paient également le prix de la privatisation des services publics de nombreuses autres façons.

Recul national : le gouvernement fédéral abandonne les services publics

La renonciation, par le gouvernement fédéral, de son rôle de bailleur de fonds, de prestataire et de promoteur des services publics est sans précédent. Directe-ment et indirectement, le gouvernement fédéral ouvre la voie à la privatisation à tous les niveaux. Des coupures massives dans le financement de la santé, de l’éducation et de l’aide sociale ont laissé les budgets provinciaux avec des manques à gagner qui ouvrent la porte à la prise de contrôle des services par le secteur privé.

AUTRES SUJETS ABORDÉS:

- Leçons privées : les universités à but lucratif vendent des diplômes
- Un gain à long terme : la valeur des soins de longue durée publics
- Jeu de puissance : la déréglementation détruit les services publics
- Investir dans l’avenir : bâtir un meilleur système de garderies
- Chasser l’eau : le système privatisé du R.-U. – pas un modèle à suivre
- D’un trait de plume les gouvernements cèdent les services publics
- Etc. etc. etc.

- Obtenez le Rapport annuel 2001 du SCFP sur la privatisation au http://scfp.ca/dossiers/privatisation/rap/showitem.asp?id=2528&cl=30




J'AI ENTENDU UNE ENTREVUE À LA RADIO AM DE RADIO-CANADA AVEC RICCARDO PETRELLA ET TELLEMENT SON PROPOS QUE J'AI CHERCHÉ ET TROUVÉ CE QUI SUIS SUR INTERNET POUR VOUS

De: http://www.terre.be/ttmi/dossiers/monde/petrella.htm

Le 7 mars 1996, M. Riccardo Petrella nous rendait visite. Ce fut, pour nous, l’occasion de lui poser quelques questions ...

– Quelle est, selon vous, la place que la société laisse à l’homme dans l’économie mondiale ?

L’homme comme tel n’a pas tellement de place dans la société actuelle guidée par les lois du marché: la personne humaine n’y est pas prise en compte. Un homme est considéré uniquement quand il est un bon producteur : il faut par exemple être un bon ouvrier, flexible, battant, combattant, pour être considéré. Mais pour être apprécié, il doit aussi être un consommateur solvable. Sinon, personne ne s’occupe de lui. La personne est devenue une ressource au même titre que tout autre produit, comme le pétrole. Tout le monde oublie que la ressource humaine est en chacun de nous.

La mondialisation de l’économie ne concerne que les marchés : la société n’existe donc pas non plus. Le seul but du monde actuel est de conquérir des parts de marché. Pourquoi les grandes firmes de téléphonie ne vont-elles pas investir en Afrique ? Parce qu’il n’y a pas de marché solvable. Si Monsieur Dehaene, lui, se rend en Asie, c’est justement parce qu’il y a des intérêts financiers importants sur ce continent. Lors de missions de ce genre, on envoie toujours des banquiers, des économistes, jamais de sociologues, d’historiens, de gens spécialisés en sciences humaines. Personne ne se préoccupe dans ces cas-là des peuples à découvrir, à connaître, des cultures différentes ...

CLIP

De : http://www.sauv.net/archives/2001-01-08-026.html

08 Janvier 2001 - TRIBUNE LIBRE

L'archipel du capital

Par Ricardo Petrella (*)

Le "village global" n'existe pas. La vérité est que l'on a assisté, sous le vocable de "mondialisation", à une vaste action d'expropriation des droits fondamentaux de la personne humaine, du rôle de création de valeur et d'histoire du travail, des valeurs de liberté, d'égalité et de solidarité de la démocratie, le pouvoir effectif étant exercé par une nouvelle classe oligarchique mondiale dont on commence à entrevoir le mode de fonctionnement. Ceux que j'appelle "les gens de Davos" (1) ont construit, ces trente dernières années, une sorte d'"archipel capitaliste mondial", formé d'"îles" où sont concentrées près de 90% des capacités scientifiques, technologiques, informatiques de la planète, autour d'une trentaine de villes qui représentent à la fois l'infrastructure, le cerveau et le cour de cet archipel : de New York à Singapour, de Los Angeles à Shanghai, de Chicago à Stuttgart, de Londres à Sao Paulo, de la Ruhr au Ranstad hollandais, de Paris à Montréal... On y trouve localisés les principaux centres d'affaires, les noyaux des réseaux de communication et d'information, les sièges sociaux des grandes multinationales industrielles, financières et commerciales.

La libéralisation, la déréglementation, les privatisations, la "compétitivité" ont davantage resserré les liens entre ces îles - dont certaines, comme la Silicon Valley, ont été élevées au rang de paradigmes universels - que les liens entre elles et le reste du monde. Pour les gens de Davos, la seule option réaliste, pour les autres régions de la planète, consisterait donc à tenter de s'accrocher à l'une de ces îles, où s'enfanteraient "la société de la connaissance", les nouveaux savoirs, l'univers de la richesse dématérialisée. Ceux qui ne réussiraient pas cet ancrage ne seraient même plus cantonnés dans des périphéries, mais mis hors du futur. Dans cette construction, l'alphabétisation "internétienne" devient un passage obligé pour l'établissement de ponts dans l'archipel : voilà qui explique pourquoi la mise en place des tuyaux et des réseaux du cyberespace a été décrétée "priorité majeure", avant même la création de robinets d'eau potable, dont plus de deux milliards de personnes ont un besoin vital. A l'aube d'un nouveau millénaire, on voit bien en quoi la rappropriation d'un devenir ensemble, assurant à chaque être humain le droit à la vie, à la citoyenneté civile, sociale et politique, est devenue une question essentielle.

Aujourd'hui, les luttes sociales citoyennes les plus significatives et les plus dures à travers le monde portent sur l'accès à la vie, sur l'occupation, l'utilisation et la répartition de la terre, sur le droit de se nourrir et d'accéder à l'eau potable, sur un habitat digne des êtres humains, sur le droit au travail et à un revenu digne d'un citoyen, etc. Elles concernent aussi les droits des enfants, le droit de grève et les libertés syndicales, le droit à l'existence et à la sécurité minimale en cas de maladie, la démocratie, la vie en commun, le respect et la reconnaissance des droits humains des immigrés, des réfugiés... Autant d'actions pour une sorte de "welfare" mondial se traduisant par la recherche d'une reconstruction de la représentation politique, de l'échelle locale à l'échelle mondiale. Face à la gouvernance mondiale sans Etat par des réseaux marchands autorégulés - qui constitue une évolution particulièrement dangereuse - doit s'affirmer une "Première planétaire". La lutte pour une autre mondialisation passe, par conséquent, en priorité, par la définition d'un nouveau "sujet" de la légitimation du politique et de la représentation politique.

La communauté mondiale (le peuple du monde) doit jouer le rôle exercé, jusqu'à présent, par la nation. A cette fin, il me paraît indispensable de faire émerger la conscience et la pratique de la réalité de la mondialité de la condition humaine autour de deux pôles : l'existence de biens communs mondiaux (l'eau, l'air, la planète, le capital biotique, la musique, l'art...) ; la sécurité commune (il n'y a pas de société sans partage et sans gestion coopérative de la sécurité collective). La " Première planétaire " aurait comme tâche prioritaire d'agir en tant que mouvement visant à faire naître une nouvelle narration de la société et du monde - une nouvelle manière de penser la planète et l'histoire... - et à mettre en place les éléments constitutifs d'une politique de la mondialité. Et s'il est aujourd'hui impensable d'envisager une organisation politique de la mondialité faisant l'économie du national - qui reste, dans beaucoup de pays, et dans une perspective de vingt ou trente ans, le niveau où s'organise la représentation politique, même amputée ou amenuisée -, cela n'exclut pas la définition d'une stratégie de mondialisation démocratique du politique.

Celle-ci devrait inclure tous les lieux de représentation, du local (la ville, la communauté rurale...) au continental (l'Europe, par exemple). Plus elle sera démocratique, plus la mondialisation du politique se fondera sur une valorisation-coopération de tous ces lieux, qui sont aujourd'hui placés dans une compétition acharnée, à la fois par la déréglementation du politique et par la domination de la logique des marchés. Or, rétablir la primauté du politique sur la finance doit être la première action concrète du mouvement de "Première planétaire". Aujourd'hui, tout ce qui ne contribue pas à l'augmentation de la valeur du capital est jugé non productif, et peut donc être abandonné ou ignoré. Cette loi, nous dit-on, s'applique à tout : une marchandise, un processus de production, une "ressource humaine" (sic). De ce point de vue, la "Première planétaire" pourrait signifier aussi la définition des formes et des contenus de la productivité par rapport à d'autres paramètres, dont le plus important serait la promotion de la richesse commune, à savoir les biens et les services indispensables à l'existence et à l'épanouissement humains de l'ensemble de la population mondiale.

L'un des passages obligés de cette lutte pour la maîtrise mondiale de la productivité est constitué, dans une économie fondée de plus en plus sur la connaissance et l'immatériel, par le droit de propriété intellectuelle, qu'il est urgent de redéfinir, en établissant les principes d'un droit commun et de gestion-partage mutuel des connaissances. De la même façon que les luttes sociales des XIXe et XXe siècles ont d'abord porté sur le salaire, le XXIe siècle verra sans doute s'affirmer des actions pour l'appropriation des connaissances et la promotion de biens communs mondiaux en la matière, ce qui confère, entre autres, une grande responsabilité aux syndicats agissant dans l'immatériel (éducation, médias, services publics...). Autant de champs où se joue, dès maintenant, la construction, concrète ou non, d'une autre mondialisation.

(*) Conseiller à la Commission européenne, professeur à l'université catholique de Louvain, Ricardo Petrella (dont le texte s'inspire de l'intervention prononcée lors de la rencontre de la Villette intitulée " Un an après Seattle, pour une construction citoyenne du monde ") est également le président des Amis du Monde diplomatique. Dernier ouvrage paru : le Désarmement financier, Editions Labor, 1999.




SITE TRES CHAUDEMENT RECOMMANDÉ: http://attac.org/france/index.html

Une association à nulle autre pareille

ATTAC est née en France en 1998 mais existe aujourd'hui dans une vingtaine de pays (voir le portail international) où se sont constituées des organisations à part entière créées elles aussi selon les réalités locales du mouvement social et de la société. Taxe Tobin, annulation de la dette des pays du Sud et de l'Est, combattre l'existence des paradis fiscaux en Europe et dans le monde et l'emprise des multinationales, la marchandisation de la santé, de l'éducation, de l'ensemble des services publics, le brevetage du vivant, la pensée unique néo-libérale, l'uniformisation de la culture, la financiarisation du monde, etc. sont autant de points où, avec d'autres partenaires, nous travaillons.

CLIP

Un outil, des bénévoles

Chaque jour des centaines de bénévoles participent à la construction de cet outil de communication à des niveaux divers et selon leur temps de disponible. 500 traducteurs bénévoles par exemple nous aident à pouvoir profiter des expertises dans d'autres langues que le français ou à vous proposer les documents de notre site en un peu plus de 15 langues. Toutes les langues du site ATTAC France: CLIP

Voir aussi de http://attac.org/fra/themes/mondialisation.htm

Il s'agit tout simplement de se réapproprier ensemble l'avenir de notre monde.

Pour une autre mondialisation

La mondialisation financière aggrave l'insécurité économique et les inégalités sociales. Elle contourne et rabaisse les choix des peuples, les institutions démocratiques et les Etats souverains en charge de l'intérêt général. Elle concoure au développement d'une criminalité financière présente aujourd'hui dans tous les circuits financiers. Elle leur substitue des logiques strictement spéculatives exprimant les seuls intérêts des entreprises transnationales et des marchés financiers. "Le chiffre d'affaires des plus grands groupes mondiaux dépassait le PIB de nombreux pays en 1997. CLIP

Les accords de libre échange

Au prétexte du développement économique et de l'emploi, les grands pays n'ont pas renoncé à signer un Accord Multilatéral sur les Investissements (AMI) qui donnerait tous les droits aux investisseurs et imposerait tous les devoirs aux Etats. Devant la pression de l'opinion publique et de la mobilisation militante, ils ont dû abandonner leur projet de négocier cet accord dans le cadre de l'OCDE, mais la discussion reprend dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce. Dans le même temps les USA, mais aussi la Commission européenne, poursuivent leur croisade libre-échangiste en poussant à la création de nouvelles zones déréglementées, au niveau continental ou intercontinental (projet du Partenariat Economique Transcontinental, PET, entre l'Europe et l'Amérique du Nord). "Raccourcissement des délais, rétrécissement des distances, disparition des frontières: mais pour qui? [...] L'abolition de l'espace, du temps et des frontières crée certes un village mondial, mais tous les individus ne peuvent pas en faire partie. L'élite mondiale rencontre peu de frontières, mais pour des milliards d'êtres humains, les frontières sont toujours aussi infranchissables." (Rapport mondial sur le développement humain. PNUD, 1999)

Criminalité financière

Ces "paradis", par les avantages fiscaux qu'ils procurent à leurs clients, mais aussi par le secret bancaire et l'immunité judiciaire qu'ils assurent, jouent un rôle essentiel dans la mondialisation des activités financières criminelles. Celles-ci génèrent des profits importants qui peuvent ensuite venir déstabiliser des secteurs économiques, industriels ou financiers, voire contrecarrer des politiques nationales ou internationales. Les organisations et les activités criminelles usent et abusent de la diversité des systèmes législatifs, réglementaires, juridiques et judiciaires. Elles peuvent ainsi prospérer hors les lois communes réservées aux activités licites. "La mondialisation crée de nouvelles possibilités alléchantes, mais, parmi ceux qui en tirent le meilleur parti et se montrent les plus entreprenants et les plus imaginatifs, les malfaiteurs et les criminels du monde entier figurent en bonne place." (Rapport mondial sur le développement humain. PNUD, 1999)

Quelques documents...

1- Les Paradis fiscaux ou la finance sans lois
2- Appel de genève
3- L'économie des narco-dollars


Etat des lieux

Les fusions et acquisitions créent d'énormes groupes qui concurrencent les états par leur taille tout en induisant des licenciements qui perturbent la vie de nombreuses personnes et menacent la stabilité de sociétés entières. Ces entreprises transnationales s'accaparent tous les champs de l'activité humaine au simple prétexte du profit immédiat qu'elles pourront en tirer. Les principes de la vie elle-même, mais aussi l'eau, ressource indispensable, ne leur échappent pas, mettant en péril les fondements de l'existence humaine sur l'ensemble de la planète. Avec la bénédiction d'Etats toujours plus "réalistes" le commerce et la finance supplantent les citoyens et tirent partie de l'occasion pour réformer à leur guise toutes les fonctionnements nationaux et internationaux dans la plus parfaite opacité et sans concertation avec la société civile. C'est la dictature des marchés. "Les dix dernières années font apparaître une concentration des revenus, des ressources et des richesses entre un petit groupe de personnes, d'entreprises et de pays" (Rapport mondial sur le développement humain. PNUD, 1999)




Portrait de la mouvance au Québec

- Opération SalAMI http://www.alternatives.ca/salami/

L'Opération SalAMI! est née avec la tenue d'une campagne citoyenne d'actions contre l'Accord multilatéral sur l'investissement (AMI, qui a inspiré son nom à SalAMI!). L'Opération SalAMI! est surtout connue pour son blocage pacifique du site de la Conférence de Montréal sur la mondialisation des économies, en mai 1998. Trois principes animent le travail de ce réseau : la non-violence, la formation et la transparence. Le moyen favorisé passe par l'exercice d'un pouvoir citoyen direct qui se reconstitue par le biais d'une démocratie participative enracinée dans des communautés de base et des groupements affinitaires. Dans le cadre de Québec 2001, L’Opération SalAMI prépare un blocage de résistance civile du Sommet des Amériques et un teach-in réalisé en collaboration avec d’autres organisations.

- Convergence des luttes anti-capitalistes – CLAC http://www.quebec2001.net/

La CLAC regroupe près de 500 membres dont 150 sont actifs dans l’organisation de l’opposition à Québec 2001. La CLAC est résolument anti-capitaliste, s’oppose à l’idéologie néolibérale et elle dénonce l’impérialisme et le patriarcat. La CLAC se veut respectueuse de la diversité des tactiques et encourage le déploiement de la créativité sous toutes ses formes à travers des initiatives allant de l'éducation populaire à l'action directe. La CLAC est autonome, décentralisée et non-hiérarchique. Son financement est assuré par ses membres. Dans le cadre du Sommet des Amériques de 2001 et des négociations sur la ZLÉA, la CLAC adopte une attitude de confrontation et refuse les alternatives réformistes ainsi que le lobbying qu'elle juge sans possibilité d'impact majeur sur tous ces types de processus antidémocratiques. Elle cherche à empêcher la tenue même du Sommet et à faire des négociations sur la ZLÉA un non-événement.

- Table de convergence Québec 2001 http://www.alternatives-action.org/accueil/pub/tableconv.htm

La Table de convergence regroupe les organisations québécoises intéressées par l'intervention dans le cadre de Québec 2001. Elle se rencontre sur une base mensuelle et les organisations participantes échangent des informations sur les différentes stratégies d’action. La Table est issue du constat que les manifestations précédentes au Québec et ailleurs dans le monde ont démontré l'importance d'une stratégie multiple qui intègre divers outils de sensibilisation, d'action directe et de négociation face aux tenants de la mondialisation. La Table n’est pas une coalition ni une coordination d’action. La Table de convergence Québec 2001 veut encourager le développement d’une stratégie globale qui couvrira l'ensemble des approches tactiques face à la tenue du Sommet des chefs des Amériques.

- Le Centre des médias alternatifs Québec 2001 http://www.cmaq.net/

Le CMAQ offre une plate-forme Internet qui permet aux individus (es), chercheurs (es), étudiant (es) et médias alternatifs d'ici de télécharger leur propre matériel pour ainsi alimenter l'ensemble des médias québécois indépendants, étudiants et même à grand tirage avec de l'information alternative sur la ZLÉA, la mondialisation et la mobilisation. Le CMAQ propose une pluralité de points de vue en permettant aux journalistes et chercheurs indépendants d'échanger et de diffuser du matériel sur ces thèmes. Le Centre vise à susciter les débats et la participation citoyenne autour de Québec 2001.

- Opération Québec Printemps 2001 – OQP 2001 ttp://www.oqp2001.org

OQP 2001 est une coalition régionale d’individus et de groupes qui ont choisi d’unir leurs efforts afin de s’opposer à la tenue du Sommet des Amériques, et afin de promouvoir des alternatives à la mondialisation néolibérale des marchés. Les individus et les groupes participant à OQP 2001 adhèrent tous au principe général de non-violence et privilégient la réflexion, la discussion et la manifestation pacifique comme moyens de faire avancer les débats dans une perspective démocratique. OQP 2001 se déclare solidaire de touTEs les militantEs progressistes qui, par leurs actions à travers le monde, ont cherché à faire progresser les débats sur la mondialisation, et ont dénoncé la pensée unique qui guide les promoteurs du néolibéralisme. OQP 2001 partage les principes énoncés dans le cadre du Sommet des Peuples à Rio. Le document Des Alternatives pour les Amériques constitue d’ailleurs l’une de ses principales bases de réflexion, sans être la seule toutefois.

- Groupe opposé à la Mondialisation des Marchés… à Montréal (GOMM) http://www.multimania.com/gomm/

LA GOMM est une coalition montréalaise de groupes, de syndicats, d’organisation et d’individus dénonçant la mondialisation. La GOMM dénonce radicalement tous les sommets ou accords qui iraient dans le sens de la mondialisation des marchés, tels que le sommet des chefs d’État des Amériques.

- La Société de Résistance au Capital (Trois-Rivières) Un nouveau groupe d’affinité de la CLAC (Convergence des Luttes AntiCapitalistes).

- Comité d'Accueil du Sommet des Amériques (CASA) Adresse temporaire: <la_casa2001@hotmail.com> La CASA (Comité d'Accueil du Sommet des Amériques) est une coalition d'individus, dans la foulée de la CLAC (Convergence des luttes anticapi talistes), qui suit les principes suivants : Anticapitalisme, Anti-patriarcat, Refus de la hiérarchie, Autonome, Non-réformisme, Diversité des tactiques.

- Coalition citoyenne outaouaise Adresse: coalition_citoyenne@yahoo.fr

La Coalition citoyenne outaouaise existe depuis juin dernier et a pour mandat d'éduquer et de mobiliser contre le libre-échange en général et contre la ZLÉA en particulier et pour des Amériques solidaires en vue du Sommet des Amériques. Elle est composée de 15 à 20 personnes provenant d'organisations étudiantes, populaires, tiers-mondistes et partidaires mais ne représentant pas ces organisations.

- Coalition de l'Université Laval sur l'intégration des Amériques (CULIA), Québec URL: http://membre.megaquebec.net/fortin/

La CULIA est une initiative d'étudiantEs qui a vu le jour en septembre 2000, qui rassemble des individus et des groupes. La coalition désire mettre en commun des idées et des opinions variées ; sa mission est de susciter un débat au sein de la communauté universitaire sur la Zone de Libre-Échange des Amériques (ZLÉA) et sur le phénomène de la mondialisation, tant sur le plan économique que social.







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