22 avril 2001

Bilan du Sommet des Amériques: Commentaire personnel + Transcription d'une entrevue télévisée avec José Bové + Les grands titres du site du Centre des médias alternatifs Québec 2001 + Couverture de presse internationale sur le Sommet des Amériques


Bonjour à tous et toutes

Avec la conclusion cet après-midi à Québec du Sommet des Amériques s'achève une étape importante de la lutte internationale en faveur d'une mondialisation qui ne soit pas uniquement au profit des puissances d'argent, mais qui fasse enfin une place réelle aux aspirations de la société civile pour une plus grande justice sociale et le respect intégral des droits humains et de ceux des travailleurs et travailleuses, et aussi pour une protection accrue de l'environnement et une forme de développement durable qui ne porte pas atteinte au droit fondamental des générations futures à un environnement sain et viable.

Beaucoup de belles promesses ont été faites pour assurer que la Zone de libre-change des Amériques (ZLÉA) proposée incite tous les pays membres à respecter les processus démocratiques et droits humains de base, mais pratiquement rien n'a été déclaré par les chefs d'États réunis qui puisse dénoter une quelconque reconnaissance de la légitimité des préoccupations et revendications exprimées par les 60 000 manifestants -- soit plus de 1045 autobus de 45 places chaque avaient été nolisés selon les syndicats, donc plus 47 000 personnes auxquelles il faut ajouter tous les gens de la région et celles venues par leurs propres moyens -- de partout au Québec, des autres provinces canadiennes, des États-Unis et même de plusieurs pays d'Amérique latine, pour participer à la Marche des peuples des Amériques qui, soulignons-le, s'est déroulée dans une atmosphère paisible et bon enfant, loin des confrontations violentes dont les images ont maintenant fait le tour du monde. Aucune prise en compte réelle n'a été mentionnée non plus par ces chefs d'États en ce qui a trait aux recommandations faites par les 2 000 participants au Sommet des peuples des Amériques dont la déclaration finale exprima jeudi dernier, à la suite de plusieurs jours de délibération, un désaveu complet des objectifs réels mais cachés de cette ZLÉA.

Bien sûr, les bulletins de nouvelles des quatre coins du globe ont, une fois encore, été centrés en bonne partie sur la violence ayant entouré les gestes d'une poignée de jeunes manifestants et la réaction des forces policières, comptant plus de 6,500 personnes, auxquelles on avait confié la mission de défendre coûte que coûte le périmètre tracé par le fameux Mur de la honte, véritable symbole de l'exclusion des peuples et de la peur des élites, qui avait été dressé pour interdire toute perturbation dans les délibérations du Sommet des Amériques. Les tactiques violentes et dangeureuses de certains groupuscules de jeunes manifestants qui lançaient des projectiles de toutes sortes contre les policiers et qui sont même parvenus à renverser une partie de la barrière du périmètre de sécurité, ont provoqué le lancement par les forces de l'ordre de très nombreuses salves de bombes lacrymogènes et fumigènes aux gaz irritants qui ont rendu l'atmosphère du quartier tellement irrespirables que même le Centre des congrès, où se réunissaient les dignitaires politiques et les journalistes couvrant le Sommet, en a subi les conséquences, forçant ainsi durant quelques heures le report de la cérémonie d'ouverture officielle du sommet.

De plus les policiers ont fait largement usage, dès le deuxième jour du sommet, de puissants jets d'eau pour repousser les manifestants les plus tenaces et ils ont aussi tiré à maintes reprises des balles de caoutchouc - et parfois de plastique - qui ont blessé des dizaines de manifestants malgré les équipements de protection et masques dont plusieurs s'étaient munis pour mieux tenir tête aux forces de l'ordre. Selon les derniers bilans disponibles, 46 policiers ont été blessés par les projectiles lancés contre eux, dont un grièvement à coups de barre de fer au tout début des manifestations, et plus de 150 manifestants ont été blessés par les balles de caoutchouc et de plastique tirées, parfois à bout portant, par les membres des escouades anti-émeutes, ou ont subi des brûlures dûs aux gaz lacrymogènes, sans compter les milliers de personnes ont été incommodées par les gaz irritants, certaines gravement. On rapporte enfin que plus de 430 manifestants ont été arrêtés jusqu'ici, parfois avec une brutalité inutile.

On ne peut bien sûr que déplorer toute cette violence qui, si elle a le mérite d'assurer une visibilité accrue, dans les bulletins de nouvelles mondiaux, à la lutte acharnée des populations contre les manigances occultes des grandes puissances d'argent, ne contribue en rien à l'élaboration de propositions alternatives sérieuses et crédibles qui seules pourront ultimement faire pencher la balance des opinions publiques, hélàs généralement peu informées des vrais enjeux de ces négociations, en faveur de solutions plus équitables et écologiquement viables aux problèmes criants de pauvreté et d'inégalités sociales auxquels nos chefs d'États affirment s'intéresser.

En conclusion, il faut souhaiter, tel que réclamé par le Sommet des peuples, et malgré un refus initial exprimé par le Premier ministre du Canada, M. Jean Chrétien, que le résultat final de ces négociations censées aboutir avant le 31 décembre 2004 à un accord final qui sera soumis pour ratification aux assemblées législatives des 34 pays participants, à temps pour sa mise en oeuvre à la fin de 2005, fasse concurremment l'objet d'un référendum populaire dans chaque pays signataire, de la même façon que l'Accord de Maastrich en Europe fut soumis à semblables référendums dans tous les pays européens désireux de devenir membres de l'Union européenne.

Il n'y a pas de raison légitime de refuser que les processus démocratiques s'appliquant en Europe soient considérés comme inapplicables de ce côté-ci de l'Atlantique. Ainsi, non seulement le fait d'accepter de soumettre ce projet d'accord sur la ZLÉA à une consultation populaire imposera-t-il une plus grande prise en compte des revendications exprimées par les groupes représentant la société civile ainsi qu'une plus grande transparence dans la discussion des enjeux réels et vitaux de cet accord, mais cela mènera à la tenue de vastes débats publics qui, si les moyens sont partout accordés pour que toutes les voix dissidentes puissent s'exprimer librement et être entendues grâce à une complète liberté de presse comme ici au Québec, permettront de sensibilier les populations aux enjeux et d'enrichir grandement le contenu de cet accord, tout en contribuant largement à civiliser la manière dont l'opposition s'exprimera, et ce, grâce à la fin de son exclusion.

La plus grande maturité politique qui en résultera pavera aussi sans doute la voie à une plus grande intégration politique, respectueuse de la riche diversité culturelle et historique de chaque nation de la grande famille des Amériques - pour employer l'expression même du Premier ministre Chrétien - en une Union des Amériques, modelée, mais à sa façon, sur l'Union européenne, une nécessité historique incontournable, à mon avis, sur la voie de l'unification éventuelle de l'ensemble de la communauté humaine planétaire, dans le cadre d'un système de gouvernance mondial et démocratique fondé une l'élection au suffrage universel de représentants de toutes les régions. Ce projet, bien sûr fort ambitieux, mais oh! combien nécessaire, pourrait se réaliser dans la foulée d'une profonde réforme de l'Organisation des nations unies qui devra inévitablement s'affranchir du carcan étroit des nations qui lui ont donné naissance, si elle veut un jour parler véritablement au nom des intérêts de l'ensemble de la famille humaine dans la défense de nos droits fondamentaux et pour la protection de la santé environnementale mondiale menacée par la rapacité aveugle des transnationales et par l'inconscience béate des sociétés de consommation qu'elles servent.

Mais ceci est, j'en conviens, toute une autre prise de conscience qui, à bien des égards, est encore à faire.

Jean Hudon
Coordonnateur du Réseau Arc-en-ciel de la Terre
http://www.cybernaute.com/earthconcert2000

P.S. Vos commentaires sont bien sûr les bienvenus et pourraient faire partie d'une prochaine compilation à ce sujet.




Voici maintenant la transcription d’une entrevue télévisée réalisée à Québec en marge du Sommet des Amériques par le journaliste Stéphane Bureau avec l’activiste français José Bové et diffusée à Radio-Canada le 21 avril 2001 en soirée dans le cadre de l’émission d’information Le Point. Certains des points de vue exprimés dans cette entrevue m'ont semblés assez intéressants pour mériter que je la mette par écrit à l'intention de toutes les personnes qui n'ont pu l'entendre.

Stéphane Bureau (SB) : Une homme qui incarne la lutte contre la mondialisation, c’est très certainement l’agriculteur français José Bové. M. Bové est devenu une forme de vedette en détruisant un restaurant MacDo au volant de son tracteur. Je l’ai rencontré un peu plus tôt.

José Bové bonjour. Vous allez bien.

José Bové (JB) : Ah oui ça va pas mal!

SB : Le voyage s’est bien passé.

JB : Le voyage s’est très bien passé. Il y a un petit décalage horaire, mais c’est normal.

SB : Et l’accueil?

JB : L’accueil... excellent.

SB : Vous avez pu vous exprimer comme vous le vouliez?

JB : Tout à fait, j’ai pu m’exprimer tout à fait librement depuis que je suis arrivé ici à Québec.

SB : Vous avez très rapidement, au lendemain de votre arrivée, donné d’une certaine façon le ton en disant, écoutez s’il y a de la violence, elle est incarnée d’une certaine façon par ce périmètre de sécurité, par l’État canadien qui a décidé de vider une prison pour faire de la place pour les manifestants qui seront arrêtés. Vous avez effectivement cette impression qu’il y a comme une espèce de violence qui est faite aux manifestants par ce périmètre, par les autorités ici?

JB : Écoutez, moi j’ai été très choqué par ce périmètre, j’ai été très choqué par l’attitude aux frontières, pas simplement pour ma venue, mais pour tous les gens qui sont bloqués aujourd’hui, qui ne peuvent pas entrer au Canada en venant des États-Unis. Et je pense qur c’est le symbole d’une volonté de cacher ces négociations, et qu’en prenant ces mesures, ça va inciter un certain nombre de gens à mener des actions que je déplore parce que je n’ai jamais dit que j’étais pour la violence. Au contraire, j’ai toujours dit que j’étais pour la non-violence active. Mais simplement, ce genre de mur risque d’être une provocation et de servir à faire en sorte qu’il y ait des actes qui puissent justifier a posteriori la construction de ce mur.

SB : Est-ce que vous pensez d’une certaine façon que les casseurs font le jeu des autorités. C’est un peu ce que vous dites dans le fond, c’est qu’ils discréditent les manifestants légitimes.

JB : Ce que je pense, c’est que les autorités en mettant ce mur, font un peu comme fait le torréro quand il agite son chiffon rouge devant le taureau. Il a toujours tendance à foncer dedans.

SB : Or c’est ce qu’on a fait... On l’a agité?

JB : J’ai l’impression que le gouvernement a pris cette attitude, et je trouve ça déplorable, pour que l’on ait les yeux braqués sur ce qui peut se passer autour du mur plus que sur la réalité et le sens des négociations; puisque ce qui me paraît important aujourd’hui, c’est véritablement le risque qu’il y a pour la démocratie, à travers ce traité de zone de libre-échange, le risque pour les pays de perdre leur souveraineté par rapport aux multinationales.

SB : Avant de parler effectivement du coeur de cette négociation, de l’enjeu, ce qui fait que vous êtes ici, vous avez aussi au cours des derniers jours dans vos déclarations parlé de la nécessité à terme peut-être même de détruire les champs d’OGMs, de se débarrasser de cela. N’y a-t-il pas un peu de violence quand on demande aux gens d’aller détruire les champs d’OGMs? Je sais que chez les Québécois qui vous écoutaient, il y a eu une réaction qui était, qu’est-ce que ça veut dire vraiment d’aller détruire les champs? Est-ce que c’est pas une action violente ça?

JB : Écoutez, aujourd’hui les organismes génétiquement modifiés, c’est un véritable système totalitaire. Aucune autre forme d’agriculture n’est possible à côté d’un champ d’OGMs. Et donc cela représente véritablement un danger. Aujourd’hui un agriculteur...

SB : On est menacé?

JB : On est véritablement menacés. Un agriculteur canadien vient d’être condamné par un tribunal de ce pays, après avoir été traduit devant les tribunaux par Monsanto parce que, soi-disant, il avait semé un champ d’OGM sans avoir acheté ses semences de cette firme. Or la réalité c’est que son champ avait été pollué par le pollen d’un champ voisin où on avait effectivement semé des OGMs. Donc aujourd’hui, c’est un système totalitaire et face à un système totalitaire, il faut prendre les moyens pour bloquer ce processus qui est dangeureux pour l’environnement, mais qui peut aussi être dangeureux pour la santé publique et pour la liberté des paysans.

SB : Est-ce qu’on peut donc postuler qu’il y a, quand on doit se faire entendre, une part de violence qui est acceptable? Par exemple, quand on dit, il faut s’attaquer aux champs d’OGMs, il faut s’attaquer aux OGMs, et puis peut-être même manifester de façon un peu plus virile pour se faire entendre ici à Québec?

JB : Je crois qu’il faut dire clairement c’est que la violence n’est jamais une réponse. La violence n’est jamais une réponse. C’est pour cela que je ne parle jamais de violence quand on s’attaque aux intérêts d’une multinationale, quand on s’attaque aux champs d’OGMs

SF: Ce n’est pas la même chose...

JB : C’est une action de résistance que moi j’appelle de la non-violence. C’est une action qui est légitime, mais dans laquelle on assume ses responsabilités. C’est-à-dire que je n’ai jamais dit à quelqu’un de faire quelque chose que je ne suis pas capable de faire moi-même. Et si je dis aujourd’hui qu’il faut s’attaquer à ces champs d’expérimentation, ou détruire les stocks de semences, par exemple en les mélangeant avec des stocks de semences ordinaires, c’est que je l’ai fait et que j’assume ces actes. Ce qui veut dire que dans l’action non-violente, ce qui est fondamental, c’est le fait qu’une personne mène une action à visage découvert et assume la responsabilité, y compris des sanctions possibles pour son action, parce que, à un moment, quand les règles, quand le droit est injuste, quand l’ordre économique est tellement puissant et qu’il n’y a pas d’autres moyens, eh bien! il faut parfois aller à l’encontre des lois.

SB : Vous avez l’impression que le droit est maintenant injuste, qu’on est en train de bâtir un univers où le droit sera de moins en moins favorable aux gens?

JB : Je pense que, fondamentalement, on est en train de créer un système où le droit va perdre de plus en plus de pouvoir. Les droits fondamentaux sont de plus en plus bafoués et le traité de zone de libre-échange est à cet égard-là tout à fait significatif, puisqu’il va permettre aux entreprises transnationales de pouvoir attaquer, dans les pays où elles vont s’implanter, la législation de ces pays si ces pays ont une législation qui n’est pas adaptée à leurs propres intérêts.

SB : Mais vous présumez déjà des conclusions de l’entente. Ça se négocie toujours; ce n’est pas encore signé!

JB : Oui, simplement, ce projet-là a déjà existé dans un autre projet qu’on était arrivé à faire supprimer il y a quelques années, qui était le projet de l’A.M.I., l’Accord multilatéral sur les investissements, qui introduisait déjà cette logique-là. Or dans le document que nous avons pu récupérer, la partie sur les investissements montre très clairement que l’objectif c’est de permettre aux transnationales de pouvoir modifier les lois des pays dans lesquels elles seront.

SB : Est-ce que l’on peut littéralement, plus que s’opposer, stopper ce mouvement vers la mondialisation. Par exemple, est-ce qu’on pourrait désinventer l’Europe unie, unifiée pourrait-on dire, comme on la connaît maintenant? Et puis la Zone de libre-échange des Amériques ressemblera un peu, même si politiquement les mécanismes ne sont pas les mêmes, à ce qui se fait, ce qui se développe en Europe?

JB : Alors je pense que ce qu’il y a de fondamentalement différent dans la construction de l’Europe et de la zone de libre-échange, c’est que l’Europe c’est d’abord une volonté politique d’arrêter un processus qui était issu de la guerre, de dire, les peuples veulent vivre en paix, et à partir de cela on construit des moyens politiques pour vivre en paix. Et on a commencé par faire une politique agricole commune, pour permettre à l’Europe d’être auto-suffisante, pas de rentrer dans une autre logique. Ça a été le point de départ.

SB : Il y a une logique économique que se greffe aussi à cela en Europe...

JB : Alors maintenant, par extension, on est entré dans un autre domaine, on est partis vers la monnaie unique, vers une zone de plus en plus économique et pas politique, ce qui fait qu’il y a une contestation forte aujourd’hui, ce qui fait qu’au mois de décembre en France, au Sommet de Nice, il y a eu plus de 100 000 personnes dans la rue pour dire, il faut construire une Europe politique et défendre les droits fondamentaux plutôt que de construire simplement des règles économiques et une monnaie unique. Donc là, il y a un véritable débat sur la construction politique de l’Europe. Aujourd’hui, ici, avec la zone de libre-échange, c’est radicalement l’inverse, on ouvre les frontières...

SB : On commence avec l’économique...

JB : On commence en démantelant les barrières douanières et en permettant aux multinationales de rentrer pour se développer. Le risque fondamental, c’est qu’on ne crée pas une zone politique aussi forte avec des pays aussi déséquilibrés. Que l’on crée une zone, par exemple, entre le Canada et les États-Unis, deux pays qui peuvent se défendre, même si le Canada est plus faible, on le voit sur la question de l’eau. Mais quand on voit Haïti qui est le plus faible, mais il y a beaucoup de pays d’Amérique centrale et d’Amérique du sud qui sont aussi très faibles, donc qui ont un développement très faibles, aujourd’hui démanteler les barrières douanières, empêcher ces pays d’avoir leur propre développement, c’est les livrer pieds et poings liés dans les mains des transnationales. Ils n’ont aucun moyen de faire face; il n’y a pas une seule entreprise d’Amérique du Sud qui sera capable de rivaliser. Or dans le traité de zone de libre-échange, une entreprise transnationale, qui viendra des États-Unis par exemple, doit avoir droit aux mêmes avantages qu’une entreprise nationale. Donc, ça c’est quelque chose qui peut être très dangeureux en termes économiques, mais surtout au niveau des services et de tous les domaines qui sont aujourd’hui liés aux États.

SB : Comment expliquer que souvent les plus pauvres de ces États sont aussi parmi les principaux promoteurs de ces traités de libre-échange? Par exemple, le Mexique, c’est un nouveau partenaire de l’entre nord-américaine sur le libre-échange. Il se bat très fort pour cette zone franche hémisphérique comme on dit, et que ce sont souvent, je ne dirais pas les plus riches, mais certains parmi les plus riches qui disent «Faisons attention!»

JB : Je pense qu’aujourd’hui, il y a une dualité qui est dangeureuse, qui est en train de se passer dans beaucoup de pays. C’est une espèce de distortion entre les détenteurs de l’État, la classe politique et...

SB : Même dans ces pays moins riches...

JB : Il y a un mois, j’étais au Mexique où j’ai participé à l’arrivée à Mexico de la marche des Zapatistes. Il y avait plus de 400 000 personnes dans les rues. Et j’ai pu rencontrer à ce moment-là les organisations paysannes, les milieux ouvriers, les exclus de ce pays-là. Or ce que les gens sont en train de vivre au Mexique, même si le produit intérieur brut augmente, ce sont des zones de très grande pauvreté qui sont en train d’augmenter. Dans les campagnes, les prix agricoles ont chûté de manière très forte et c’est un véritable exode rural auquel on assiste. Donc il y a un véritable danger et souvent les classes politiques de ces pays qui sont très liées aux firmes transnationales - le Mexique en est quand même un très bon exemple. M. Fox (Vincente Fox, président du Mexique) est l’ancien directeur de Coca Cola pour le Mexique. Donc par rapport à cela, je pense qu’il y a des intérêts économiques aujourd’hui qui vont à l’encontre de l’intérêt des populations.

SB : Peut-être est-ce anecdotique, mais je terminerai là-dessus. N’est-ce pas un paradoxe aussi qu’à l’ère de la mondialisation - parce que c’est le maître-mot ici que vous dénoncez - que vous êtes vous-même un produit de la mondialisation - vous êtes devenu un des phares de l’anti-mondialisation - mais grâce à la machine médiatique et tout cela, vous êtes devenu un héros mondial. Est-ce qu’il n’y a pas un paradoxe là-dedans? Vous êtes un produit de la mondialisation.

JB : Je crois que moi je me bats pour une autre mondialisation. C’est-à-dire que je pense très fondamentalement que la mondialisation des droits humains, des pactes économiques-socio-culturels qui sont dans la déclaration des Droits de l’homme, c’est quelque chose de fondamental... et qu’aujourd’hui il faut construire au niveau international des règles politiques fortes qui permettent de protéger les individus et les populations, et parmi celles-là les plus faibles. Donc je ne suis surtout pas pour un repli sur les nationalismes tels qu’on a pu le voir, qui ont créé les guerres que nous avons connues, mais je suis plutôt pour une ouverture des frontières aux hommes, à la culture, aux connaissances, et pas simplement aux forces de l’argent.

SB : José Bové, bon sommet!

JBL Merci beaucoup.




Pour obtenir un point de vue différent de celui des médias officiels sur les événements entourant le Sommet des Amériques, veuillez visiter le site du Centre des médias alternatifs Québec 2001 au

http://quebec.indymedia.org/index.ch2?language=french

Les grands titres du site du Centre des médias alternatifs Québec 2001

Violente répression policière à São Paulo
Dans les rues de São Paulo la répression policière envers les opposants à la ZLÉA a été cinglante.

Dernières nouvelles du CMAQ - dimanche 22 avril
Dernière journée du Sommet des Amériques. NOUVELLES de 14h00

État de siège!
01h30 du matin. Depuis une dizaines d’heures, les assaults policiers se multiplient autour de la salle de nouvelles du CMAQ située au centre Méduse sur la Côte d’Abraham.

Court résumé d'une partie des événements festifs et répressifs de la nuit dernière (samedi)
21/04/2001 - LA VÉRITABLE VIOLENCE EST INSTITUTIONNELLE!

Deux manifestations à ne pas ignorer !
Vendredi (20 avril) et samedi (21 avril), deux manifestations spectaculaires ont eu lieu dans la Ville de Québec avec, chacune, la même opinion politique centrale: NON à la ZLÉA. Malheureusement, selon mes observations, ces deux impressionnantes actions ont été largement ignorées par les médias tant indépendants que commerciaux. Ainsi, voici un reportage indépendant basé sur mon implication au sein d’OQP 2001 et sur ma participation à ces manifestations.

Le Centre des médias accueille les gazés
21/04/2001 (Samedi 22h08) - Une mise à jour sur les événements au Sommet des Amériques.

Gazé au max
Le centre-ville de Québec est en état de siège, gazé au max.

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Nombreuses autres analyses et plusieurs communiqués également disponibles




Couverture de presse internationale sur le Sommet des Amériques disponibles au

http://fr.fc.yahoo.com/z/zlea.html

Sommet des Amériques : coup de pouce pour la Zone de libre-échange (AFP)
lundi 23 avril 2001, 1h11
QUEBEC (Canada), 22 avr (AFP) - La Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) a reçu un coup de pouce lors du sommet des Amériques qui vient de s'achever à Québec, mais les obstacles restent
immenses pour la réalisation de ce vaste marché à une échéance que certains trouvent en outre trop brève.

Sommet des Amériques : libre-échange et manifestations (AFP)
dimanche 22 avril 2001, 23h32
QUEBEC, 22 avr (AFP) - Des leaders satisfaits, des manifestants arrêtés par centaines, le 3ème Sommet des Amériques, ouvert vendredi à Québec, s'est achevé dimanche dans une atmosphère consensuelle alors même que s'éloignaient de la ville les odeurs entêtantes de gaz lacrymogènes.

Le respect du système démocratique condition pour adhérer à la ZLEA (AFP)
dimanche 22 avril 2001, 22h14
QUEBEC (Canada), 22 avr (AFP) - Le respect scrupuleux du système démocratique sera une "condition essentielle" pour adhérer à la future zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) dont la création est prévue pour 2005, ont décidé les leaders du continent américain à l'issue du Sommet des Amériques qui s'est achevé dimanche à Québec.

Le sommet des Amériques éclipsé par les manifestations (Reuters)
dimanche 22 avril 2001, 22h04
par Saul Hudson QUÉBEC (Reuters) - Les chefs d'Etat des Amériques ont conclu trois jours de
discussions sur le libre-échange et la démocratie à Québec tandis que les odeurs de gaz lacrymogène
flottaient sur la ville après trois jours de violents affrontements entre policiers et manifestants.

Zone de libre-échange des Amériques : entrée en vigueur prévue fin 2005 (AFP)
dimanche 22 avril 2001, 21h22
QUEBEC (Canada), 22 avr (AFP) - Les 34 chefs d'Etat et de gouvernement des Amériques ont
entériné dimanche à Québec la date de décembre 2005 au plus tard pour l'entrée en vigueur de la
future zone de libre-échange des Amériques (ZLEA).

Sommet des Amériques: des anarchistes parmi les manifestants (AFP)
dimanche 22 avril 2001, 20h28
MONTREAL, 22 avr (AFP) - Vêtus de noir et portant cagoules, munis de talkies-walkies ou de
téléphones portables, ils étaient en première ligne des échauffourées depuis vendredi à Québec, en
marge du Sommet des Amériques : des anarchistes associés au "Black Bloc" revendiquent
eux-mêmes, sur un site internet, d'être ainsi "allés au front".

Québec, une ville de plus symbole de la lutte anti-mondialisation (AFP)
dimanche 22 avril 2001, 19h23
QUEBEC (Canada), 22 avr (AFP) - La paisible ville de Québec a rajouté son nom à la liste des
villes symboles de la lutte anti-mondialisation, après avoir été le théâtre pendant trois jours de
manifestations d'opposition parfois violentes au Sommet des Amériques.

Le sommet des Amériques s'achève dans la casse (Reuters)
dimanche 22 avril 2001, 19h21
par Saul Hudson QUÉBEC (Reuters) - Les chefs d'Etat des Amériques ont conclu trois jours de
discussions sur le libre-échange et la démocratie à Québec tandis que les odeurs de gaz lacrymogène
flottaient sur la ville après trois jours de violents affrontements entre policiers et manifestants.

Le grillage de sécurité, symbole du Sommet des Amériques (AFP)
dimanche 22 avril 2001, 18h11
QUEBEC (Canada), 22 avr (AFP) - Le grillage de sécurité mis en place pour isoler le quartier de
Québec où se réunissaient les leaders des Amériques restera pour beaucoup le symbole ultime de ce sommet pour avoir réussi à voler la vedette à ses participants.

Le Sommet des Amériques s'achève à Québec sur fond de violence (AFP)
dimanche 22 avril 2001, 17h44
QUEBEC (Canada), 22 avr (AFP) - Le Sommet des Amériques devait s'achever dimanche à Québec par un ensemble de décisions touchant la démocratie et le libre-échange, alors que la ville se remettait difficilement des affrontements de la nuit entre les manifestants et la police.


Articles précédents

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- Sommet des Amériques: 250 interpellations depuis vendredi (AP) dimanche 22 avril 2001, 13h58

- Sommet des Amériques: clause démocratique et manifestations au programme (AFP) dimanche 22 avril 2001, 12h15

- La police justifie son action en marge du Sommet des Amériques (Reuters) dimanche 22 avril 2001, 10h22

- Violence et manifestations au 2e jour du Sommet des Amériques (Reuters) dimanche 22 avril 2001, 7h54

- Sommet des Amériques: la présence du président haïtien, test de la volonté démocratique (AP) dimanche 22 avril 2001, 4h44

- Sommet des Amériques: clause démocratique et manifestations au programme (PAPIER JOURNEE (AFP) dimanche 22 avril 2001, 2h53

- Bush défend le libre échange, fondement de "la prospérité" et de "la liberté" (AFP) dimanche 22 avril 2001, 2h26

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- Sommet des Amériques: démocratie et milliers de manifestants au programme (AFP) samedi 21 avril 2001, 18h29

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- Après la violence, l'heure est enfin au débat au Québec (Reuters) samedi 21 avril 2001, 17h21

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- Des manifestants perturbent l'ouverture du Sommet des Amériques (AFP) samedi 21 avril 2001, 5h19

- Sommet des Amériques: les divergences s'affichent dès l'ouverture (AFP) samedi 21 avril 2001, 4h55

- Le point de l'actualité internationale à 04H00-- Samedi 21 avril 2001 (AP) samedi 21 avril 2001, 4h05

- Sommet des Amériques: Castro soutient les manifestations (AP) samedi 21 avril 2001, 2h53

- Affrontements entre la police et les manifestants anti-mondialisation à Québec (AP) samedi 21 avril 2001, 1h11

- Les manifestants enfoncent les grillages au Québec (Reuters) vendredi 20 avril 2001, 22h36

- Les manifestants convergent vers le Sommet des Amériques (Reuters) vendredi 20 avril 2001, 20h17

- Objectif libre-échange au Sommet des Amériques --par Niko Price-- (AP) vendredi 20 avril 2001, 19h30

- Trente-quatre chefs d'Etat ou de gouvernement dans une ville-fantôme (AFP) vendredi 20 avril 2001, 18h38

- Un ballon dirigeable de Greenpeace survole Québec avant l'ouverture du Sommet des Amériques (AP) vendredi 20 avril 2001, 18h00

- Hubert Védrine évoque ''l'unilatéralisme'' de l'administration Bush (AP) vendredi 20 avril 2001, 10h36

- Ouverture du sommet des Amériques (lesechos.fr) vendredi 20 avril 2001, 7h59 Québec fin prêt pour le Sommet des Amériques (Reuters) vendredi 20 avril 2001, 7h48


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